C’est arrivé comme une bénédiction, comme l’ultime soupir de cette fin d’été 2015. C’était ce qui manquait à notre rentrée, ce qu’on attendait de ces derniers jours de soleil, un regain de mélancolie pour toutes nos folies estivales, et c’est le groupe de Zac Carper qui vient nous l’apporter sur un coussin de dentelle, cet album qui vas nous faire regretter la plage, les coups de soleil et les potes. Un petit bijou de rage, de sueur et d’overdrive sorti sur Mom + Pop Music le 4 septembre et qui marque la non évolution d’un groupe qu’on a pas envie de voir évoluer, composé de vieux ados qu’on à pas envie de voir grandir.

Endless Summer

Déjà en 2013, les fils prodigues du skate punk californien nous avait livré un album éponyme au source du genre qui nous avait fait nous dire qu’au final ne pas se laver, boire des bières bon marché et ne pas faire ses lacets c’était peut être ça le summum du cool. En renouant avec le passé musical de la quasi totalité des kids des 90’s, FIDLAR avait prouver au reste de la planète que la violence brute du punk était ce qui manquait aujourd’hui dans la musique et qu’une telle violence, en plus de déchainer les foules, était réellement capable de former une sorte d’exutoire pour une génération aujourd’hui noyée dans un phénomène d’aseptisation des contre-cultures. En ajoutant à cette déferlante de rage une certaine mélancolie, le groupe de Los Angeles avait créé un espace temps coupé du reste du monde où gueule de bois, soleil couchant et lassitude cohabitaient pour au final former la bande son parfaite d’une fin de saison au bord de la mer.

Too good to be true

C’est donc fort de son succès auprès de la nouvelle jeunesse garage et après une tournée européenne assez mouvementée (et en particulier une étape au Trabendo le 16 juin) que FIDLAR nous livre un second album, cette fois-ci plus produit et définitivement orienté punk-rock, qui garde pourtant cette force irrévérencieuse, cette arrogance juvénile propre au groupe (le titre lead ‘40oz On Repeat’ le prouve dès les premières secondes d’écoute). Sans donner lieu à une réelle révolution, Too illustre parfaitement le concept d’une brutalité contrôlée, qui sans devenir fade sait s’atténuer pour mieux revenir avec plus de force, de rage et d’ampleur. Cependant, si la frénésie presque démentielle de la formation californienne reste intacte, c’est du côté des arrangements qu’il faut aller voir pour déceler une once de changement. Plus léché et électronique que le précédent, ce deuxième opus préfigure le (léger) tournant du groupe de Los Angeles vers une production plus travaillée et professionnelle. Certains parleront de commercialisation, mais sincèrement, à l’heure où n’importe quel crackhead en seconde année aux Beaux-Arts de Roubaix peut se targuer de faire du LO-FI dans sa chambre, sortir un album punk correctement mixé relève réellement du « niquez-vous, on est riches maintenant », et ça, c’est typiquement FIDLAR.

FIDLAR - Too
7.5Note finale
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