Deux morceaux et un clip ont permis à Idyll d’attirer l’attention et d’être qualifié de next big thing. Malgré l’attente, le clip de Bad Boi étant sorti en décembre, le duo a pris son temps pour peaufiner sa musique. L’univers relevant du fantastique et oscillant entre le beau et le dérangeant qu’on avait pu entrapercevoir est alors développé et exacerbé sur les 4 titres qui composent cet EP.

Idyll, c’est la chanteuse Angelina Lucero, qu’on a pu entendre sur plusieurs titres de Jerome LOL, et la productrice Jojo Yang. Les deux sont mises en contact par un ami commun alors que Jojo est à la recherche d’une vocaliste pour habiller ses compositions. Leur approche artistique et leurs influences n’ont a priori rien en commun : la première est marquée par son éducation catholique, la seconde est passionnée par la science-fiction. Pourtant, suite à des séances d’écoutes répétitives des travaux de l’une et de l’autre sur Soundcloud et quelques rencontres, elles commencent à travailler ensemble.

Divines idylles

Leur première collaboration sera Trouble qui ouvre l’EP et la seule où la production a été composée à partir de la voix d’Angelina. Face à la douceur des nappes de synthé et la voix douce d’Angelina, on a tendance à baisser notre vigilance et on associera trop facilement leur musique à des balades pop faites pour l’été, bien que ce soit le pire compliment que l’on puisse faire. Sous une apparente facilité et légèreté, on décèle beaucoup de complexité. Il se dégage de l’EP quelque chose de bien moins innocent qu’il n’y parait.

Les productions ont quelque chose de Kastle ou XXYYXX pour leur maîtrise et leur aspect aérien, la voix est cristalline, parfaitement calée. On ne peut qu’admirer le sens de la mélodie d’Angelina (cf. le refrain de For You).

« so where you go I can not go […] maybe I just follow trouble »

Par sa manière de susurrer les paroles et de laisser des silences, elle parvient à donner une ambiance inquiétante et à sublimer les productions tout en finesse de Jojo. Les bad boys talking dirty to me n’ont rien de sexy mais plutôt quelque chose de malsain et hanté. C’est là que le processus de créativité prend toute sa dimension. La voix ne prend jamais le pas sur les compositions de Jojo, elle est là pour les habiller et les sublimer. Les deux s’équilibrent alors parfaitement pour créer une musique toujours élégante. Quand les productions tendent à se faire plus oppressantes, la voix vient alléger l’atmosphère, avec Sleep par exemple, et inversement.

En seulement quatre titres, l’EP parvient à nous donner le sentiment de déambulation dans un lieu séduisant mais teinté de danger. Reste à savoir si la formule est déclinable sur un support plus long.

 

Idyll - One
6.8Note finale
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8.4